Sa vie en mains

Trente milles francs. A la fois une somme énorme pour un budget familial – il en faut des mois d’économies! – et un montant qui file entre les doigts… C’est le prix d’une voiture même pas bien grosse, d’un dégât de tempête sur un toit... et trois cacahuètes à l’échelle bancaire. Hé bien, ces mêmes trente milles francs peuvent aussi se révéler un instrument de liberté. Quand ils sont investis pour fonder sa petite entreprise.

Cette semaine, Femina lance le Prix de la micro-entrepreneuse romande, une distinction qui récompensera, au printemps prochain, l’entrepreneuse en herbe qui aura conçu la petite boîte la plus intéressante. Le choix incombera à vous, lectrices, par vote: sera-ce une boutique en ligne, une gamme de confitures maison, un conseil financier, un nouveau cours de sport? Suspense…

Femina ne se lance pas seule dans l’aventure. L’idée remonte à l’été 2008, à un coup de fil avec Yvette Jaggi, l’ancienne syndique de Lausanne qui préside aujourd’hui la fondation Microcrédit solidaire suisse. Elle raconte comment les femmes utilisent ce financement tout mini pour investir le marché du travail, souvent après des années d’interruption pour élever leurs enfants. Un article s’ensuit et le nombre de candidatures au microcrédit explose. Il n’en fallait pas plus: l’urgence s’est imposée de donner une visibilité, une incitation, que dis-je?, un coup de chapeau à ces femmes qui décident ainsi de prendre leur vie en mains.

Alors bien sûr, peu de ces microentreprises finiront un jour en multinationales. Et alors? L’objectif est ailleurs: il est dans l’auto-emploi, une manière de se construire un avenir à la mesure de ses rêves, de ses talents, de ses contraintes. Un très beau défi.

 

Éditorial du Femina du dimanche 14 mars 2010


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