Il s’appelle Médor, ou alors Nikita. Avec Madame, il arpentait la campagne, avec Monsieur, il ramenait la baballe en battant de la queue. Mais maintenant que le couple ne s’aime plus, que va-t-il faire? Dormir sur un coussin chez un cousin?
Depuis que l’amour occidental s’est mis à craqueler, il y a une cinquantaine d’années, toutes les retombées émotionnelles du divorce ont été analysées et microdécortiquées. Les enfants auxquels il faut assurer la pérennité du couple parental. Les amis qui font mine de ne se mêler de rien mais finissent par choisir un camp. La commode en marqueterie que l’on ne peut décidément pas fendre en deux et que l’un cède en s’arrogeant le tapis Kilim. Mais bon sang, on avait oublié le quadrupède! Que convient-il d’en faire pour bien faire?
Une tendance se profile: la garde partagée du chien (lire l'édition électronique de ce dimanche en page 24). Une semaine chez toi, l’autre chez moi, on se l’échange le samedi matin avec le sac qui contient son os plastique favori et sa brosse à dents (si, si, les soins buccaux sont conseillés trois fois par semaine). L’important, c’est que le toutou soit heureux, non? Ce qui donne matière à des scènes vaudevillesques exquises: «Désolé, patron, je ne peux pas prendre mes vacances en juillet, c’est mon ex qui part, alors j’ai obligation de garde sur notre chien partagé…»
Je suis évidemment tout pour le bonheur animalier, mais là, on se croirait dans un dessin animé de Disney, le genre où toute la faune fonctionne avec des sentiments humains. Par égard pour les canins, lâchons-leur donc les coussinets avec nos embrouilles surcivilisées et laissons-les se poser tranquilles n’importe où, près d’un être aimant et d’une écuelle garnie. Et nous, continuons – on aime tant ça! – à nous étriper entre ex pour des vétilles, les factures en rade, les albums photos et tous ces écueils familiers. Zut, et les perruches, alors?
Éditorial du Femina du dimanche 24 janvier 2010













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