La copine du miroir

La plus belle? Contrairement à la marâtre de Blanche-Neige qui interrogeait anxieusement son miroir, il faudrait pouvoir dire que l’on s’en fiche un peu, de la compét' à la beauté. Qui, au fond, a vraiment envie de devenir Miss Quartier des Sapins? L’important, dans le rapport compliqué que nous entretenons toutes avec notre reflet, est ailleurs: est-ce que j’ai vraiment ces valises sous les yeux/ce pudding sur le ventre/ces rougeurs au genou (cochez votre zone à déprime)? Est-ce que je vis harmonieusement avec ce double en face, est-ce que j’apprécie son énergie? Est-ce que j’ai envie de passer, chaque matin, un éclair d’instant en sa compagnie?

Je sais, il y a du boulot, les filles…

En guise d’exercice pratique, pour conquérir son double dans le miroir, je vous recommande la méthode personnelle de la comédienne Yvette Théraulaz: elle parle à son image, lui fait des grimaces, lui esquisse des signes d’encouragement. Et devinez quoi: la brune dans le cadre doré lui renvoie la politesse.

Cela posé, il ne faut jamais oublier cette évidence: le miroir est un menteur. Il ne montre jamais que ce que l’on a décidé d’y trouver. C’est ainsi que l’on se retrouve à 4 millimètres de la glace, sourcils surhaussés, à traquer le poil récalcitrant… Evidemment, sous cet angle-là, il va se repérer, le défaut! Ou à l’inverse, on suffoque à force de retenir son souffle, pour garder ventre et seins peu près sous contrôle. Le miroir a approuvé? Pfffff, on relâche les abdos. Tu parles d’un regard objectif!

Au-dessus du lavabo comme dans le reflet des vitrines, on ne croise jamais la vérité. Juste une copine fidèle, toujours là quand on la cherche des yeux. A chacune d’entre nous de se débrouiller pour la rendre souriante et aimable.

 

Éditorial du Femina du dimanche 31 janvier 2010


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