Résumons la situation. D’un côté, une explosion pondérale alarmante, avec une femme suisse sur trois en surpoids et 8,5% franchement obèses. A l’autre extrême du cadran de la balance, près de 9% des jeunes femmes sont trop maigres (les 18-34 ans, après ça s’améliore), ce qui n’est pas plus agréable, ni en termes de santé publique, ni en matière de bonheur personnel. Entre deux? Disons qu’il y a nous, la grande majorité bien installée dans la norme, à qui la médecine assure que nous sommes paaaarfaites. Nous en réjouissons-nous? Posons-nous un regard satisfait sur ce brave corps conforme? Clopinettes!
Femmes éternellement insatisfaites, nous nous tortillons devant le miroir pour repérer le repli disgracieux, là, sous la fesse gauche. Et nous traquons la cellulite, fût-ce à l’aide d’une loupe. Pour 2 petits kilos de rien, nous pleurons une séduction imaginée forcément en berne quand les lichettes de fromage compensatoires et les carrés de choc en trop s’installent sur le haut des cuisses. Le pire, c’est qu’on voit mal pourquoi se donner tant de peine: les hommes, eux, sont carrément 50% à afficher une carrure hors de toute norme de santé. Ce n’est donc pas comme si on devait charmer Clooney chaque jour…
Alors, bien sûr, on peut sermonner toutes celles qui aspirent à s’affiner sans en avoir vraiment besoin, sur le ton de «y’a plus malheureuse que toi!». Mais à quoi bon? Plutôt réinventer un nouveau rapport à l’assiette, plus décontracté, qui allège la tête autant que le tour de taille.
On peut le déplorer, mais le moral d’une femme va tout de suite mieux quand la fermeture éclair de ses jeans monte sans accroc. Une histoire de superstition féminine, sans doute.
Éditorial du Femina du dimanche 28 mars 2010













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