Blues & boules

Le plus éprouvant, c’est maintenant. A J-4 des flonflons enguirlandés, empêtrés dans le casse-tête de quel cadeau pour qui et où j’ai mis le ruban doré, nous voyons Noël comme une épreuve au bout du chemin. Et il s’agit de passer avec mention, comme des écoliers appliqués à l’examen de fin d’année. Le diplôme? Un certificat de relations familiales bien entretenues, peut-être?

Alors que les déjeuners en famille et autres balades du dimanche sont des usages en voie de disparition, le rite de Noël se tient droit comme un épicéa: tous ensemble, les Alléluia! C’est peut-être pour cela que la pression est si forte: si on se rate sur la dinde, si on parle mal à tante Aglaé, c’est toute une année qu’il va falloir assumer son image de perdante au grand Monopoly des relations des parenté. Le jeu se divise en deux camps: les rebelles de Noël, qui clament leur allergie festive et fuient le scénario trop contraignant et les bons élèves qui cochent les cases sur leur liste de tâches à accomplir.

J’avoue appartenir à la seconde caste, celle qui aime les senteurs de cannelle et les boules qui brillent. Au fond, Noël, c’est désagréable avant: quand on s’agglutine devant les caisses enregistreuses, quand on gamberge sur les tensions possibles, quand on court pour tout finir à temps, quand on réalise qu’il n’y a plus de saumon au rayon, quand 40 messages de vœux électroniques appellent une réponse. STOP!

En revanche, j’aime l’idée que tout s’arrête le 24 décembre, pour un instant de respiration partagée dans la folie des jours. Alors, à vous toutes, lectrices, et au nom de toute la rédaction, je souhaite un Noël de lenteur, d’amour, de douceur. Et peu importe si c’est ailleurs ou sans sapin.

 

 

Éditorial du Femina du dimanche 20 décembre 2009


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