11 June 2009
Pour la dernière fois, Cécile plaida sa cause
Celle d’une amoureuse éperdue.
Mardi, les avocats Maîtres Pascal Maurer et Alec Reymond, ont décrit avec émotion et passion le chemin de croix de Cécile B, «traitée pire qu’un chien», par son amant, le puissant banquier Stern.
Mercredi matin, une audience de quelques minutes s’est ouverte devant la cour d’assises de Genève pour permettre à l’accusée de plaider une dernière fois sa cause.
D’une voix faible mais sans sanglot, minuscule dans son tailleur bleu, elle scrute les jurés. «Je veux demander pardon de tout mon cœur, j’aurais aimé qu’on parle davantage d’amour. Si Edouard avait été aimé par son père quand il était enfant, il n’aurait pas eu ce trou béant dans son cœur que j’ai voulu combler».
Puis elle s’adresse au procureur. «Je vous regarde dans les yeux, je ne suis pas une voleuse, je ne suis pas une vénéneuse, je suis juste une femme éperdument amoureuse et je le serai pour l’éternité».
Elle se tourne ensuite vers Béatrice Stern, l’ex-épouse du banquier. «Je vous demande pardon. Je n’ai pas voulu tuer Edouard. Je ferai ce que vous voulez. Je ne porterai jamais atteinte à sa mémoire, dite le bien aux enfants». Elle s’adresse enfin à Fabienne Servan-Schreiber, la demi-sœur de la victime. «Je demande pardon, je n’ai jamais voulu ce qui s’est passé».
Les jurés, 7 hommes et 5 femmes, se retirent pour délibérer. A-t-elle tué par amour ou par haine son riche amant ? «Elle n’a jamais été aimée pour elle-même», avait plaidé Maître Alec Reymond. Dans son dédain de pervers narcissique, il avait dit la phrase de trop : «un million de dollar, c’est cher payé pour une pute», car il a toujours considéré Cécile comme une pute. Il aimait la bête sexuelle et la rabatteuse, celle qu’il nome la secrétaire sexuelle qui ramène le cheptel, qui rabat le gibier.
Crime passionnel ou meurtre ?














