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12 June 2009

Les parties fines d’Edouard Stern.

Les ébats d’Edouard Stern ont occupé toute la matinée de vendredi la cour d’assises de Genève.


A donner le tournis au Marquis de Sade lui-même ! Pour tenter d’expliquer le meurtre du banquier par sa maîtresse il a fallu décortiquer les positions, les harnachements, les déguisements exigés par l’amant pour assouvir ses fantasmes.

Le tribunal s’est transformé en lupanar virtuel au fil des témoignages de ceux qui jouèrent une partition dans ce scénario pour film X.

Premier rôle : Albert dit Bob, galeriste à Paris. C’est lui qui a présenté son amie Cécile à Edouard, lors d’un dîner en 2001. « C’était une femme gaie et adorable » rien à voir avec l’accusée à la pâleur cadavérique.

A l’époque heureuse, Bob organisait des parties fines chez lui. Il y invitait de très jeunes filles à la cuisse légère, ses soirées ont inspiré des poèmes à Cécile, que la présidente de la cour a lu avec conviction. Il y est question de bouche avide, de plaisir orgastique, de frasques voluptueuses, de sensualité sadomasochiste «Chez Bob, on est ému, on se demande si on rêve» écrit Cécile.

Pour satisfaire les goûts particuliers de son amant, elle est prête à tout. Notamment aux ébats à 3. En témoigne Bettina, une superbe blonde, amie de l’accusée. Elle s’est retrouvée avec le couple dans une chambre d‘hôtel, à la demande expresse de Cécile qui a supplié : « Accepte, Bettina ».

Les jeunes femmes ont reçu l’ordre de s’habiller en écolière, avec des socquettes blanches…  « Edouard m’a immédiatement allongée sur le lit » précise Bettina. Il se jette sur elle et exige que Cécile participe aux ébats. Il s’en va ensuite sans un mot. Cécile est au bord de l’hystérie.

Multiple sont les témoins de la descente aux enfers de celle qui se dit artiste peinte. Une femme en perdition.

Une voisine experte en numérologie rapporte une scène hallucinante : Stern, marchant un soir le long de la voie ferrée qui borde la maison de Cécile à Clarens, puis venant tambouriner à la porte de l’immeuble jusqu’à ce que la jeune femme, terrorisée, sorte pour tenter de le calmer.

La violence entre les amants ne fait que croître au point que la voyante prédit : « Il y en avait un des deux qui allait y passer ». Face à la perversité de son amant, Cécile a craqué la première.

Elle s’en expliquera lundi.

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  • Un univers irréel. Des fillettes en socquettes, des maîtres du monde qui deviennent des enfants soumis à des dominatrices. Mais quels ressorts de l'humain agissent sur ces personnes en âge de maturité pour en faire des adolescents prêts à toutes les dérives? Le pouvoir rend-il fou ou créatif ou les deux? Cécile B. est sûr de ses charmes, pas du tout sûr de sa classe. Edouard Stern est sûr de son pouvoir, pas du tout sûr d'être un banquier plutôt qu'un artiste, un poète. D'ailleurs il lit des poèmes à sa belle au début de leurs relations. Et puis, le désir borderline, chez tous les deux, domine. Jusqu'à la chute fatale des anges...

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