La repentance de Cécile B devant les assises de Genève
« Je voudrait demander pardon »
Elle est entrée comme une ombre dans la cour d’assises de Genève. Elle ressemble désormais à une bonne sœur avec ses cheveux bonds tirés dans un maigre chignon, la peau blafarde, les joues creuses. Elle porte une veste sombre sur un chemisier sage.
Depuis des semaines, ses avocats, maître Pascal Maurer et maître Alec Reymond, la dopent moralement afin qu’elle tienne le coup pendant son procès : elle est accusée du meurtre du banquier Edouard Stern 28 février 2005.
Hier, Cécile B, alors que témoignait l’ex-épouse de Stern, s’est lancée dans un grand discours de repentance.
« Edouard était l’homme le plus extraordinaire que j’ai rencontré. Je voudrais expliquer comment j’en suis arrivée là. Je sais qu’il y a 3 orphelins, je sais que c’est de ma faute, c’est horrible. Sur le coup je n’ai pas pensé. Ça a explosé dans mon cœur. Je voudrais demander pardon, c’est abominable. La seule chose que je peux faire c’est dire la vérité. Je ne veux surtout pas salir Edouard ».
Cécile se rassit, son corps frêle bientôt secoué de sanglots. Face à elle se tient Béatrice David-Weil divorcée d’Edouard Stern, mère de ses 3 enfants. Cette femme fait preuve d’une maitrise extraordinaire en racontant sa vie avec le banquier assassiné. « Un homme exceptionnel, très exigent avec lui et avec ceux qu’il aimait, un homme de tempérament « un peu soupe au lait », mais excellent père ». Les deux enfants de Stern sont dans la salle – Mathilde , la fille ainée, 24 ans et Louis, 22 ans. « Le père qu’ils ont connu n’est pas celui décrit dans la presse, avec les horreurs qu’on dit sur lui ».
Le cocu aveugle
En cours d’audience, décomposée, Cécile tient le coup face à maître Marc Bonnant avocat de la famille Stern, qui fait le décompte des balles tirées sur le banquier.
« Je me suis souvenu de l’image d’un animal en Afrique qu’Edouard laissait souffrir. Je ne voulais pas qu’il souffre ». Elle l’achève d’une balle dans la tempe. Xavier Gillet, le vrai faux mari de Cécile, bel homme dans la soixantaine, n’a jamais cru dans ses déboires. « J’ai toujours été persuadé qu’Edouard n’était pas l’amant de Cécile, elle n’était que sa secrétaire sexuelle aveugle répète-t-il devant la cour. « Je conserve pour Cécile une affection entière ».
Alexandra Combi Favre-Bulle, belle blonde pulpeuse, mène les débats avec énergie devant une salle comble.
Mercredi audition de l’expert psychiatre.
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