8 ans, 6 mois pour Cécile B.

La cour d’assises de Genève a condamné à 8 ans et 6 mois de prison Cécile B. pour le meurtre du banquier Edouard Stern.


« Une peine mesurée » reconnait son avocat, Maître Alec Reymond. « Ce qui importe le plus à ma cliente, c’est que soit reconnu que le mobile du crime n’est pas l’argent, mais un profond désarrois en raison des jeux cruels de son amant ». Compte tenu d’une remise de peine possible, Cécile peut être libre fin 2010 et bénéficier de la semi-liberté dans quelques mois. Les pièces  à convictions - combinaison latex, arme et photos - seront détruites.

Dernières paroles de Cécile

« Je prie pour lui tous les jours, matin et soir, pour qu’il aille au paradis, je m’en remets à vous et à Dieu, je demande pardon du fond du cœur ». Avant le verdict, Cécile, en larmes, a imploré le jury de la cour d’assises de comprendre son geste irréparable. « Je vous prie de me pardonner. J’ai toujours voulu protéger la mémoire d’Edouard. Il y a des choses que je n’ai pas dites pour ne pas le salir ». Autrement dit, elle aurait caché certaines dépravations que l’enquête n’aurait pas révélées.

En début de matinée de jeudi, le procureur, Daniel Zappelli, avait requit 11 ans de réclusion pour meurtre. Il a souligné la longueur exceptionnelle d’une procédure hors norme et la gravité de la faute. Cécile a profité de l’état de soumission de son amant, empêtré dans sa combinaison de latex, pour s’acharner sur lui et lui loger 4 balles dans le corps. C’est cette combinaison de caoutchouc qui a tant fait parler de ce crime. Pourquoi Cécile ne l’a-t-elle pas retirée du cadavre, plaide curieusement le procureur. « Elle l’a tué une deuxième fois, au-delà de la mort, car elle n’a pas caché les détails sordides du harnachement sadomasochiste qui a présidé à la mort. Ces détails graveleux allaient se répandre comme une trainée de poudre et tuer la mémoire de la victime ».  Fallait-il donc qu’elle maquille son crime pour préserver la réputation de Sten ? Absurde dira la défense.

Une dernière fois, les avocats de Cécile se lèvent pour retracer le calvaire de l’accusée harcelée et humiliée en permanence par son riche et arrogant amant. Il rappelle le tango mortel d’un couple toujours dans l’excès, dans une relation destructrice qui conduisait inévitablement au drame. Une peine sévère ne ramènerait pas Stern. Cécile, perpétuelle noyée de l’existence, est aujourd’hui un petit être rongé de culpabilité en désarrois profond. Après 4 ans de détention préventive, il faut qu’elle se soigne. En liberté, elle se reconstruira. « Avec 11 ans de prison, il y aura deux morts », soulignent les avocats qui rappellent ces 11 séjours en hôpital psychiatrique.


« Son martyre doit s’arrêter. Rendez un verdict de compassion ».

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