Les Bleus

On dit vert de rage, jaune de jalousie, noir de colère. Jusqu’ici, on disait aussi rouge de honte. Mais depuis la Coupe du monde, ce sentiment complexe qui mêle déshonneur, culpabilité, turpitude est devenu bleu, à l’image de l’équipe de France, vilipendée par la presse hexagonale, moquée par le monde entier et humiliée dans son match contre l’Afrique du Sud. Bleu comme les cartes de crédit qui ont trop servi de passeports à une équipe qui n’a rien donné. Bleu comme la combinaison de travail que la formation Domenech a oubliée au vestiaire. Bleu comme ces hématomes qui laissent la France k.-o. Mais il y a une certaine volupté à se laisser couler dans le désastre: quand il n’y a presque plus rien à perdre, autant tout perdre. Boire la honte jusqu’à l’hallali. Pour que les Bleus redeviennent vraiment bleus, des novices avec la fougue au ventre. Bleue la fougue, évidemment. Même si leur prochain entraîneur s’appelle Blanc.


Boire la honte jusqu’à l’hallali

 

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