C’est quoi l’âme de la Suisse? Heidi ou Guillaume Tell? Hodler ou Giacometti? Madame de Staël ou Ramuz? Fierté des montagnes ou mélancolie des lacs? Pendant des années, intellectuels et artistes se sont interrogés sur la suissitude, ce mot déprimant dans lequel on entend lassitude et suicide. Mais comment savoir qui on est quand on ne suscite qu’indifférence! Heureusement, depuis quelques mois, la Suisse du secret bancaire, du vote antiminarets et de l’arrestation de Polanski, a des ennemis. De grandes gueules qui en veulent à «la verrue alpine» (San Antonio) de se calfeutrer dans sa «lausannéité», néologisme repris par tous les blogueurs locaux. Lausannéité? «La mollesse dégueulasse», selon le romancier cinéaste Yann Moix. Il faut le remercier. Non seulement sa diatribe nous vaut des témoignages d’amitié mais elle ringardise définitivement le slogan de Ben: «La Suisse n’existe pas.»
Comment savoir qui on est quand on ne suscite qu’indifférence?













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