A très vite

Moins élégant que «à bientôt» qui laisse le hasard ou l’interlocuteur décider de la prochaine fois. Moins précis que «à tout à l’heure» qui engage une réponse dans la journée. Moins charmant que le «à tantôt» belge. Moins économique que «à plus» ou que sa version SMS «à +», «à très vite» suppose une tension, une urgence, un empressement presque suffocant. Expression de plus en plus usitée, «à très vite» se dit entre gens débordés ou qui pensent qu’ils doivent l’être pour exister socialement: je cours, donc je suis. Mais «à très vite» marque aussi lerefus d’être séparé, la volonté de ne pas couper le contact, ne serait-ce que pour quelques heures. Elle trahit une forme d’addiction à la vitesse. Chronophage par excellence, «à très vite» n’est plus une formule de politesse mais une injonction déguisée.


Une Forme d’addiction à la vitesse.

 

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