A l’arrache

Il y a des mots dont la sonorité est tellement expressive que leur sens saute immédiatement à l’oreille. Le verbe «arracher» par exemple (enlever de terre avec les racines) qui laisse entendre un effort intense (travailler d’arrache-pied), une intensité qui dépote (ça arrache), une séparation brutale et indésirable (faut que je m’arrache), une violence faite à autrui (vol à l’arraché) ou encore une douleur sourde (l’arrache-cœur). Depuis quelques mois, c’est l’expression «à l’arrache» qui s’impose, autant dans les préaux d’école que dans les brainstormings d’entreprise. Pourtant, selon son contexte, l’expression ne veut pas dire la même chose. Un sportif à l’arrache est un homme qui se surpasse physiquement tandis qu’un travail à l’arrache signifie qu’il a été fait dans l’urgence, sans souci du détail. Dans le premier cas, à l’arraché aurait été préférable, tandis que dans le deuxième, c’est «à la hache» qu’il aurait fallu dire.

 

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