Mettons-nous donc à table!

Allez, avouez! Comment gérez-vous les repas en famille? Pas du tout? Parfaitement? Est-ce que ça existe encore des enfants droits comme des i, la serviette sur les genoux qui ne tombe pas, mangeant toute leur assiette et demandant gentiment s’ils peuvent sortir de table? Et est-ce que ça existe encore des familles qui mangent ensemble, à table? A entendre les mômes qui sont allés dîner ou souper chez les copains, le constat est pour le moins bariolé. «C’était cool, avec Kevin et sa maman, on a pu se regarder une série en mangeant», «J’ai faim, à midi, chez Cindy, on n’a eu que des corn flakes», «Le papa de Nina, il a commandé des pizzas puis on a regardé la télé avec lui».

Pas de panique. Heureusement, les études sont là pour réconforter les inconditionnels du repas pris familialement autour d’une table. L’article est à savourer en page 20. On y apprend ainsi qu’en Suisse 90% des ados mangent plusieurs fois par semaine avec papa et/ou maman et non pas avec l’ordi, la télé, ou le téléphone. Et qu’il y a autant de rituels que de foyers.

Tout bien donc? Disons pas mal. Car des remarques d’Africains me trottent dans la tête. Ils s’étonnent qu’on serve chez nous l’enfant en premier, qu’on lui demande ce qui lui ferait plaisir, ceci plutôt que cela, une sauce comme ci ou une sauce comme ça… Qu’on lui offre le plus tendre ou le meilleur morceau. Outre qu’ils trouvent nos enfants mal élevés, ils demandent: mais pourquoi vos enfants auraient-ils envie de grandir? Franchement, la question mérite d’être posée. A table.

 

Éditorial du Femina du dimanche 23 mai 2010


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