Grand-maman puma

Une femme danse sur le fil tendu de son nouveau bonheur. Elle pense avoir décroché le gros lot. Elle a 50 ans, et un homme de la moitié de son âge l’a demandée en mariage. Elle a bien réfléchi, a dit oui. N’est-elle pas libre, divorcée, les enfants casés? Et qu’importent les origines lointaines du jeune prétendant, elle a tant aimé son pays ensoleillé.

La femme est amoureuse. Dans sa vie, il y a maintenant une peau, une voix, une ardeur. Pour tout ça, elle se déchaîne, soignant sa beauté, rajeunissant son look, se mettant au diapason des loisirs.

Evidemment, si l’on est confortablement installé dans la routine de sa relation de couple, on considère ce scénario de vie avec, au mieux, compassion. C’est fou, n’est-ce pas, comme les amoureux peuvent s’emballent à l’intérieur leur bulle? On a été comme ça une fois? On s’en rappelle à peine. Comment croire au nouveau bonheur de la belle? Elle, elle se fâche: mais ça peut marcher, il y a des exemples, ah vous et vos préjugés!

C’est sa fille, 28 ans et deux enfants, qui raconte l’histoire dans Femina. Elle a vu sa mère se métamorphoser en cougar (en français, couguar, mais il s’agit de la même bête que le puma). Ainsi nomme-t-on aujourd’hui les femmes qui ont de jeunes amants, du nom anglais de ce puissant prédateur. Entre ses sentiments mélangés, la jeune femme y livre sa crainte que sa mère ne tombe de son fil (car qui la ramassera? elle bien sûr), et son soulagement à l’idée que la nature a bien fait les choses en limitant l’âge de la procréation. Non, il n’y aura pas de bébés puma. Dommage. Ils sont très chou avec leur pelage tacheté, et il y en trois ou quatre d’un coup.

 

Éditorial du Femina du dimanche 16 mai 2010


Consulter l'édition électronique dès dimanche

 

 

 

Publier un nouveau commentaire