Ça m’apprendra à vouloir jouer au premier de la classe : «… même s’ils ne font peut-être pas tout de façon aussi parfaite que la mère.» Et moi qui pensais frôler la perfection du bout de ma lolette à tête de mort, c'est raté. Mais cette fois c’est décidé, j’arrête de lire. Du moins jusqu'à l'accouchement de ma femme.
Aujourd'hui, plus moyen d'ouvrir une revue féminine, familiale ou prénatale sans tomber sur une page qui dessine la soi-disant place du père. Forcément, depuis que l'homme sait faire des béchamels et la femme des burnout, il faut bien s'agripper à une nouvelle tendance: le papa héros, mais pas trop.
Celui qui chausse sa progéniture, mais avec deux baskets différentes. Celui qui fait chauffer le biberon, mais en incendiant la moitié du foyer familial. Car on nous assure que c’est l’intention qui compte. Il manquerait plus que le mâle manie la couche sans masque à gaz! Un super-héros un peu gauche ça a toujours été plus attachant. Et puis, sans pouvoir surnaturel, aucun risque de le voir un jour étouffer l’ombre maternelle qui tapisse le couffin.
Moi qui rêverais de voir ma future fille me mordre le téton à l'heure des repas, je vais devoir me contenter d'actes de bravoure maladroits. Mince alors. Le papa moderne serait donc comme toutes ces femmes garagistes, pompiers ou camionneurs, qui ne sauraient pas serrer une vis, éteindre un feu ou planter sur les freins sans se casser un ongle? Dites, c'est quoi le masculin de «féminisme»?
A l’heure où les jeunes pères portent aussi bien le marmot que la guitare en bandoulière, on nous conjugue encore à chaque paragraphe des clichés d’une autre époque. Cette époque poussiéreuse où, pour réussir sa vie d'homme, il était préférable de tenir un fusil sous sa casquette d'officier plutôt qu’un bébé sur son torse poilu. Soutenir la mère patrie plutôt que la mère tout court, comme certains de nos aïeux le pensaient. Alors non, je n’ai pas attendu que ces plumes féminines me plombent les ailes pour chevaucher le tire-lait de location et rejoindre le firmament des papas plus que parfaits.
«Et les pères dans tout ça?», comme on aime toujours à se demander. Sachez simplement que le papa poule n’a plus besoin de faire le coq pour gérer ses poussins. Même quand la mère est dans le poulailler…











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