Une décision qui nous revient
Agée de 28 ans et maman de trois enfants (…), j’ai été accidentée relativement gravement. Un an après, je tombe enceinte sous contraception. Très fatiguée (…), je ne me vois pas poursuivre cette grossesse. Je me
dirige donc vers l’avortement, confiante vu ma situation difficile. (…) J’ai vite déchanté, et galéré jusqu’à 11 semaines. Ma gynéco ne voulait pas m’avorter, elle estimait que j’avais déjà 3 enfants et que je n’avais qu’à être contente du cadeau de mère Nature et assumer. Elle m’a même proposé, pour régler mes problèmes de contraception, l’abstinence dans mon couple! J’ai fini (…) par avoir droit à un curetage à la dernière limite du délai. Relativement traumatisée par mon «acte monstrueux», j’ai changé de médecin (…). Même si psychologiquement cette responsabilité a été difficile, mon choix a été le bon.Dix ans après, j’en suis persuadée (…). Nous sommes seules à assumer le futur de nos familles et si nous nous estimons inaptes à tout gérer, c’est à nous de décider! Ni un médecin ni un Etat n’ont le droit de le faire pour nous.
Natacha D. K., Vevey
Se battre pour la contraception
Je me suis fait avorter en 1974, clandestinement. J'étais mère célibataire de deux garçons et ne pouvais, à cette époque, avoir un troisième enfant. Avorter en 1974 était interdit et donc punissable dans beaucoup de pays. (…) Je n’ai ressenti aucun regret, et j'ai eu trois filles après cet avortement. (…) Etant donné l’état du monde, tous les enfants qui meurent de faim (…), il faudrait prôner l’accès aux contraceptifs gratuits, interdire la polygamie, et ne pas écouter les discours des religions qui sont de véritables assassins passifs. (…)
Josiane Jacquey, Yverdon
Vos réactions à «J’ai dû me battre pour pouvoir avorter», Femina du 08.06.






























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